“Ce ne sont que des mouches, Matthieu.”

“They’re just flies, Matthieu,” my dad said to me.

Crawling across my white shirt was an army of tiny legs and wings. Yellow and black striped abdomens the length of fingernails jittered toward my exposed neck and forearms, and in brushing them away it seemed as though I was only inviting more.



And of course, on my dad’s blue shirt, not a single insect clung to the folds flapping in the coastal breeze of the Isle of Ré, an island located just off the Atlantic coast of western France.

Just outside the salt museum ensconced between the towns of Saint Martin and La Flotte, while I was fending off the six-legged army, our group’s tour guide wrapped up her presentation. While listening to her, we sampled the pickleweed that lies in swaths across the salt marshes of the island.

Here, a gently shelved coast allows water to seep into salt ponds of sea salt farmers, and when the sun evaporates brine from the still marshes, muddied salt forms and dries beneath a crystal white layer of “Fleur de Sel”.

Blue-ribboned bags of Fleur de Sel nearly burst from within after visiting just about every souvenir shop on the island, but the larger and cheaper bags contain “gros sel,” which makes up a larger portion of the salt cultivated on the island. The “gros sel” is used for cooking because of its larger, coarser grains.

But the marshes only occupy a fraction of the hooked land mass splaying from the end of the Pont de Ré. Pine woods and fields cover much of the island closer to the bridge, lining the bike trails connecting the towns of Rivedoux and Sainte-Marie, extending as far as Saint Martin, the main town, and beyond, to a large nature preserve for seabirds.

Towns have their own markets and harbors, and, overlooking the edge of one of these harbors, you can see buoying yachts and sailboats bouncing with the tide. At the harbor of Saint Martin, sitting with our legs dangling over the sheltered basin, my cousins and I would point out our favorite boats. With an ice cream or a Belgian waffle in hand — both coming from La Martinière — we’d agree on the one we’d use to tour around the island.

From La Flotte and even from the coast off mainland La Rochelle, we can see the “Phare des Baleines,” the lighthouse rising into the sky. And 10 minutes from the harbor of La Flotte, behind shoots of stray hollyhocks, emerald green shutters belonging to the house of my grandparents flap open to let in the cool summer air.

From the road, the house gives little away. You can only see but one pair of green shutters and a narrow garage. Within, though, lies a host of memories and rooms to accommodate summer reunions of cousins and even great aunts and uncles.

And the salt. We always bring some back with us. To last us until next time.

Even the flies that had clung to me were after it. They were in fact not flies, but salt bees (and I had the welts to prove it to my dad), foragers of the salty water and pollinators of wildflowers.

Why they went after me, I suppose, is because of the white shirt. To them I must have looked a massive grain of salt — and perhaps they bit me out of disappointment; cotton and polyester are decidedly not salty.

If we ever get so close to the marshes again, I’ll be sure to test my dad’s memory, and hope that this time, he dons the white shirt.

Matthieu Cartron is a senior writer and sports reporter for the Daily Lobo. He primarily covers women’s soccer and men’s tennis. He can be contacted at sports@dailylobo.com or on Twitter @cartron_matt.

Jean-Luc Cartron is Matthieu Carton's father. He helped Matthieu Carton translate the first French draft of this article. He is an adjunct research assistant professor with the biology department. He can be contacted at news@dailylobo.com or on Twitter @DailyLobo.

The French translation of this article was edited by Maurice Tetne, a master's student at the Department of Foreign Languages and Literatures at the University of New Mexico. He is also a teaching assistant for French and the author of the novel, "Mboa land: autopsie d'une république."

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“Ce ne sont que des mouches, Matthieu,” me dit mon père.

Une armée de jambes et d’ailes minuscules s’est invitée sur mon tee-shirt blanc. Au sein de cette armée qui se dirige vers mes bras et mes jambes, il me semble distinguer des abdomens et des dos jaunes striés de noir. J’ai beau les chasser avec les mains, les insectes reviennent toujours plus nombreux.

Et, bien sûr, rien sur la chemise bleue de mon père… pas un seul insecte. Il a beau dire… Mon père pense que ses enfants, nés en ville, ne connaissent pas bien la nature… Une brise venue de l’océan s’est levée. Nous sommes sur l’Ile de Ré, une île située le long des côtes françaises de l’Atlantique. À l’extérieur du musée du marais salant entre les villes de Saint-Martin-de-Ré et la Flotte, nous goutons à la salicorne, la plante qui pousse le long des bassins de sel. Tandis que je me bats toujours contre la horde d’insectes sur mon tee-shirt, notre guide termine sa présentation sur la récolte du sel.

C’est ici qu’une série de bassins a été aménagée pour y contenir l’eau de mer qui s’évapore sous l’action du soleil et du vent. Les paludiers – c’est le nom des ouvriers travaillant dans les marais salants– récoltent tout d’abord la "fleur de sel” qui se forme par un processus de cristallisation. Sont également récoltés pour la vente, le gros sel et le sel gris.

De véritables montagnes de sacs de fleur de sel jonchent les étalages des magasins de l’ile de Ré. Mais c’est en fait le “gros sel,” vendu moins cher et dans des sacs plus volumineux, qui constitue la majorité du sel récolté dans les marais salants. Le “gros sel” est utilisé pour la cuisine, en raison de ses plus gros grains.

Les marais salants occupent une superficie importante de l’île, autrefois un archipel composé de quatre ilots qui se sont depuis rejoints. Un pont de près de trois kilomètres relie l’île au continent depuis 1988. Des bois de pins, des vignes, et des pâturages sont en bordure de tous les chemins pour vélo depuis les communes de Rivedoux et de Sainte-Marie jusqu’à Saint-Martin-de-Ré et au-delà, jusqu’à l’extrémité de l’île, une réserve naturelle pour oiseaux de mer.

Chaque ville de l’Ile de Ré a son marché et son port. Le long du port de Saint-Martin-de-Ré, les promeneurs s’arrêtent pour observer les voiliers et les yachts arrimés le long du ponton en bois. Avec mes cousins, je m’assois le long du bassin du port, nos jambes se balançant au-dessus de l’eau. Nous montrons du doigt chacun des bateaux qui nous paraissent les plus beaux. Tout en mangeant une glace ou une gaufre achetée à la Martinière, nous choisissons le bateau que nous prendrions pour faire le tour de l’île à la voile.

Depuis La Flotte et même depuis le continent et la ville de La Rochelle, il est possible d’apercevoir la silhouette du Phare des Baleines se détachant sur le ciel bleu. Et à seulement 10 minutes à pied du port de La Flotte, au bout d’une impasse bordée par des murs en pierre, des volets verts, et des roses trémières, se trouve la maison de mes grands-parents. Sauf grande chaleur, les volets restent ouverts pour laisser rentrer de l’air dans la maison.

Depuis la rue, on ne voit pas grand-chose de la maison. On devine seulement les volets verts et la porte du garage. A l’intérieur, la maison est assez grande pour recevoir pendant l’été tous mes cousins, mes oncles et mes tantes. Et que de bons souvenirs nous emportons à la fin de chaque séjour !

Quant au sel marin, nous en rapportons toujours avec nous. Suffisamment pour qu’il nous en reste jusqu’à notre prochain voyage en France.

Même les soi-disant mouches qui se collaient à moi sont en fait à la recherche de sel. Et ce ne sont pas des mouches, mais bien une espèce d’abeille. J’en avais pour preuve les traces de piqure sur les bras. Et depuis, mon père et moi savons que les abeilles recherchent autant le sel que le sucre, sinon plus!

Peut-être les abeilles s’en étaient prises à moi à cause de la couleur blanche de mon tee-shirt. Je leur étais peut-être apparu comme une montagne de sel. Et lorsqu’à la place de sel elles avaient trouvé le polyester et le coton du tee-shirt, elles avaient décidé de punir l’imposteur… moi !

Si d’aventure nous retournions aux marais salants, je ferais bien attention de ne plus porter de vêtements blancs. Et si mon père oubliait l’incident et qu’il commettait la même erreur, je serais bien tenté de ne rien lui dire !

Matthieu Cartron est rédacteur en chef et reporter sportif pour le Daily Lobo. Il couvre principalement le football féminin et le tennis masculin. Vous pouvez le contacter à l’adresse email sports@dailylobo.com ou sur son compte Twitter @cartron_matt.

Jean-Luc Cartron est le père de Matthieu Cartron. Il aida Matthieu à traduire l’article en français. Il est professeur assistant adjoint au département de biologie. Il peut être contacté à l’adresse mail jlec@unm.edu.

La traduction française de cet article a été éditée par Maurice Tetne, étudiant de Master en Français et Etudes francophones, au Département des Langues Etrangères et Littératures de l'Université du Nouveau Mexique. Maurice Tetne est également enseignant assistant de Français et auteur du roman intitulé Mbo land: autopsie d'une république.